Profession Pasteur(e)

 

Pasteur Alain Houziaux
< Pasteur Alain Houziaux

Avec le sacerdoce universel, la Réforme a révolutionné la fonction des prêtres, devenus des pasteurs. Aujourd’hui, le ministère recouvre des réalités très différentes selon les Églises concernées.

En 1520, quand Martin Luther écrit son « Appel à la noblesse chrétienne de la nation allemande », il révolutionne la compréhension de la fonction de prêtre. « Pour Luther, la différence entre l’état ecclésiastique et l’état laïc est une pure invention de l’Église, explique l’historienne Marianne Carbonnier-Burkard. Quand l’épître de Pierre parle du “sacerdoce royal”, elle s’adresse à tous les baptisés. En cela, tous les chrétiens appartiennent à l’état ecclésiastique. » C’est la naissance du « sacerdoce universel » : il n’y a pas, pour les protestants, de sacrement de l’ordre qui mettrait à part des autres croyants les prêtres ordonnés.

Le ministère de la Parole

Ces derniers sont des laïcs comme les autres, dont la tâche spécifique au sein de la société est d’annoncer l’Évangile, comme d’autres sont boulangers ou bûcherons. Ainsi, ils peuvent se marier et avoir des enfants. Luther les appelle indifféremment « prêtres » ou « pasteurs », dans le sens de « bergers ». Guillaume Farel, premier Réformateur francophone, désigne des « prédicants » ou des « ministres », c’est-à-dire des serviteurs. « Leur tâche nouvelle, poursuit Marianne Carbonnier-Burkard, est l’annonce de la Parole, pas le sacrifice de la messe. » Assez vite, le vocable de « prêtre » est abandonné, trop proche du « sacrificateur » de l’Ancien Testament. Par contre, les études de théologie prennent toute leur importance : le pasteur est un laïc comme les autres, mais un laïc formé à ce qui devient un « métier ».Lire la suite